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Hommage à M. Charles-Aimé PERRON

Hommage à M. Charles-Aimé PERRON

Hommage à monsieur Charles-Aimé Perron, composé par Robin Michaud et lu par Christian Michaud, en l'église d'Amqui, le samedi 19 janvier 2019, jour de la célébration commémorative. Aussi longtemps que je puisse remonter dans ma mémoire, tu as toujours fait partie de ma vie. Je me souviens qu'enfant, j'entrais au garage et je voyais ton bicycle à "tire ballon" avec lequel tu venais travailler, toujours rangé au même endroit; il m'inspirait une certaine envie d'en posséder un, un jour. Mon grand-père m'avisait de ne pas toucher et encore moins de m'en servir. C'est d'ailleurs à ce moment, que j'ai commencé à rêver du bicycle que j'aurais peut-être un jour. Longtemps après j'ai fini par en avoir un, mais le temps des "tires ballons" était révolu, et toi, tu avais recommencé à revenir travailler à pied. Lorsque je t'apercevais en train de travailler, je constatais pourquoi on t'avait surnommé "le grand Charles". Solide gaillard et d'une grandeur imposante, tu représentais pour moi, l'image d'un homme solide, fort et vaillant. Les années m'auront donné raison. C'est pourquoi aujourd'hui, je veux te rendre cet hommage mérité en relatant quelques faits qui ont fait de toi, un homme que j'ai toujours grandement considéré. En novembre, lorsque je suis allé vous visiter à votre nouvelle résidence, tu étais seul, Gisèle était allée aux commissions et nous en avons profité pour nous remémorer ensemble quelques faits cocasses qui t'ont fait bien rire. Prenant pour exemple, le soir où mes frères et moi avec Gérald mon cousin, on s'amusait à se salir avec de la vieille huile. Tu étais appuyé au comptoir et tu riais de nous voir. Je me suis alors trempé les deux mains dans l'huile et je ne t'ai pas manqué. D'un seul coup, tu as changé de couleur, passant rapidement du blanc au noir, et c'est là que tu as décidé d'embarquer dans le jeu. Il faut dire que tu ne m'as pas manqué quand tu as réussi à m'attraper…c'est pas juste la face que j'avais de beurrée, j'étais complètement couvert et c'était juste bien rendu. Bien sûr, on n'a pas manqué de se rappeler le fameux soir où mon père avait fait l'acquisition d'un tracteur style "tracteur de ferme" qu'on appelait alors "le Fordson major" Je me souviens le sourire que tu avais lorsque tu l'as essayé pour la première fois au "pic à Dionne"; ton sourire en disait long, comprenant que tu allais enfin dire adieu à la "sacrée, pour ne pas dire la maudite pelle à manche", qui vous servait à l'époque à charger le seul camion que mon père possédait, en gravier, sable et fameux charbon, qui lui aussi te faisait aussi changer la face de couleur. Cette étape a été primordiale dans l'amélioration des conditions de travail, et comme tu le disais toi-même : «C'é pas du neuf, mais c'est pas mal mieux que la pelle à manche». On s'est rappelé aussi, les fameuses tempêtes du temps, qui duraient des jours. Tu en as passé du temps à pousser, pelleter, ouvrir des cours et des routes. Tu me disais ne pas être capable de supporter la pression, lorsque tout le monde voulait "être ouvert en même temps" et je t'assure que je me tenais les fesses serrées lorsque j'avais d'autres commandes à t'ajouter, la réponse au radio téléphone n'était pas toujours des plus, disons courtoises, dans le style-genre :« Tu vois ben que j'en ai par-dessus la tête, je sais pas si je vais être capable d'y aller». Je me gardais bien de répondre, sachant que la seconde réplique ne serait mieux que la première, mais surtout, je connaissais ton sens du devoir bien accompli, parce que jamais tu ne serais jamais revenu de ton travail, sans avoir fait "toute la job". A ta défense, il faut dire que s'il avait existé un cours, appelons-le "Comment poser ou répondre à une question, en l'enveloppant dans le papier de soie"; ce cours n'aurait jamais pu être un prérequis pour faire partie du personnel, parce que plusieurs l'auraient échoué en commençant par les «Michaud» eux-mêmes. Et je pense ne pas me tromper en affirmant que cette exigence soit nécessaire au maintien de la norme ISO 900 qui prévaut actuellement à l'entreprise. Tu m'as fait part en riant, des fameux voyages de roches qu'il fallait aller «charger à la mitaine» sur des terres agricoles où la machinerie n'était pas tolérée. Tu me disais à la blague que mon père disait que c'était pour aller se reposer après la journée de travail, « Drôle de place pour s'reposer», avais-tu conclu. Tu n'as jamais manqué une journée de travail. Le travail pour toi c'était sacré et tu y mettais tout ton cœur. Il y en eu des années passées au concassage à compter mentalement les pelletées de gravier pour connaître la production à la fin de la journée. Il y en a eu des journées, des nuits passées au déneigement. On peut dire aussi, que tu as collaboré considérablement à la construction de l'école Ste-Ursule, pour laquelle vous avez transporté manuellement une à une toutes les briques provenant des wagons-train pour les charger dans le camion, en procédant exactement de la même façon pour le déchargement. Comme tu disais: « On avait les bras étirés à la fin de la journée» et j'ajouterais qu'avec ta longueur de bras, tu n'avais vraiment pas besoin d'étirement supplémentaire. Je me souviens également du jour où tu as acheté ta première Dodge Corona. Tu l'astiquais le samedi après-midi, pour aller te promener le soir. Il m'arrivait souvent d'embarquer avec toi, on faisant le trajet " Garage Jos Lefrançois" "Curb service" ou Moulin Rouge, je ne me souviens pas où juste, plusieurs fois durant la soirée. Une fois, tu m'avais confié que tu aimerais bien avoir une blonde et que tu te trouvais trop gêné pour faire les premiers pas et qu'en plus, tu avais Gisèle en tête. C'est ma belle-sœur Marie, qui travaillait avec cette dernière qui a agi comme agent de liaison et ça a fini par un mariage; et il faut dire que Gisèle a été pour toi, une épouse attentive et aimante. Tu me disais être chanceux qu'elle soit toujours aux petits soins pour toi et ce, en toutes occasions. La seule fois, où je t'ai vu pleurer, c'est lorsqu'on a usé de subterfuge pour t'amener à une soirée surprise organisée en ton honneur lors de ton départ de l'entreprise. Tu n'aurais jamais accepté d'y participer si tu l'avais su à l'avance. C'est lorsque l'on t'a offert un voyage en Floride que tu n'as pu contenir tes larmes. Tu étais complètement décontenancé, n'étant vraiment pas habitué à te faire gâter et à recevoir un hommage que tu méritais pourtant, tellement. Tu avais inscrit sur le cœur les mots «Entreprises Michaud» jusqu'à la fin de ta vie. Tu as vécu avec nous, bien sûr, une somme colossale de travail, tu as partagé dans la solidarité, nos joies, nos peines et même nos drames. D'ailleurs, Gisèle m'a confié un jour, que lors de vos prières quotidiennes vous ne manquiez jamais de confier au Ciel l'entreprise afin qu'elle continue de bien aller. Tu te souviens aussi que lors de la célébration du 60e anniversaire des entreprises Michaud, je t'avais décerné, à l'image d'une partie de hockey, une première étoile pour tout l'apport que tu avais apporté au développement de cette entreprise. Et je te disais encore dernièrement: «S'il n'y avait pas eu des hommes comme toi pour prêter main forte à mon père, l'entreprise n'aurait jamais connu le succès qu'elle connaît maintenant». Aujourd'hui, cette étoile est au firmament, elle n'est peut-être pas la plus étincelante, parce qu'elle est à l'image de la vie simple que tu as menée, mais elle brille d'honnêteté, d'intégrité, de fidélité, de courage et de résilience à la maladie. Je te lève donc mon chapeau, mon cher ami, pour tout ce que tu as été dans ma propre vie et celle des entreprises Michaud. Je te salue bien bas et je garde l'assurance qu'on se retrouvera un jour dans une autre galaxie où on pourra continuer à entretenir notre belle amitié.


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