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Hommage à M. Édouard Thériault

Hommage à M. Édouard Thériault

Hommage à monsieur Édouard Thériault, composé et lu par monsieur Gaétan Thériault à la Salle des rituels de la Maison commémorative familiale Fournier, le vendredi 21 mai 2021, jour de la célébration commémorative. Février 1924 : un être d’exception est né. Quatrième d’une famille de 17 enfants, Édouard a parcouru énormément de chemin en presque un siècle. De la voiture à cheval jusqu’à la voiture électrique, du télégraphe jusqu’au téléphone intelligent ou bien de la machine à crottes guidée par des cordeaux jusqu’aux mégas tracteurs guidés par GPS, il aura été aux premières loges pour voir tout ce développement technologique, et ce principalement dans le monde agricole. Les choses ont bien changé depuis qu’il a quitté le rang 2 d’Albertville. Il a quitté le noyau familial très tôt pour aller bûcher sur les chantiers forestiers ou aller faire de la drave. Un jour, un ange a croisé sa route. Cette rencontre l’a mené tout droit vers le mariage le 15 juin 1949 avec Madeleine ; son épouse adorée, sa princesse, sa protégée. De cette union sont nés 10 enfants, dont l’un qui nous a quittés à la naissance. Papa était un amoureux de la vie, de la nature, de la terre et de l’agriculture, il aimait tous ces éléments pour l’autonomie et la liberté que ça lui apportait. Au fil du temps, avec sa tendre épouse, ses 5 garçons et ses 4 filles, mais aussi avec beaucoup de persévérance, d’acharnement et beaucoup d’huile de bras, il a construit avec fierté dans le rang 4 une ferme agricole qui s’agrandissait année après année. Il a défriché un nombre impressionnant d’hectares de terrain et il a par la suite su profiter de plusieurs occasions pour acheter des terres tout autour ; la terre chez Ti-Mé, chez Ferland, chez Lambert, chez Rodolphe, et j’en passe. Certains diront même qu’il demeurait à Édouardville ! Toujours avant-gardiste, il était souvent équipé au goût de la technologie du jour. Cette belle ferme laitière lui survit aujourd’hui grâce à une deuxième et une troisième génération. Authentique, fier et droit, il était un homme de son temps et il avait aussi son franc-parler ainsi que ses idées bien arrêtées. Plusieurs phrases lui survivront : - Les gars sont faits pour travailler dehors et les filles pour travailler dans la maison. Je peux vous dire que ce point a apporté bien des débats ! - Si tu veux garder ton homme, tu dois le prendre par le ventre. Il ajoutait parfois de façon un peu macho, et aussi par le bas du ventre » ! - L’avenir est aux gens qui se lèvent tôt. Chez nous, ce n’était pas un choix ! - Si t’es pas capable de faire du thé, tu ne réussiras jamais à te marier. J’espère qu’il ne fallait pas seulement s’en tenir à ceci pour réussir son mariage. - T’as tes deux bras, t’as tes deux jambes pis toute ta tête. T’es capable, t’es intelligent, vas-y, force toé. Pas de place pour la paresse. J’te dis que si moi j’le fais, ben toé aussi tu peux le faire. Papa nous a d’ailleurs encouragés toute notre vie à faire ce qui nous animait. Tous les sujets d’actualité l’intéressaient ; principalement la politique québécoise et canadienne, l’agriculture sous tous ses aspects, ainsi que l’économie, et ce, même dans les dernières semaines de sa vie. Il avait toute sa tête et encore ses idées bien arrêtées. Débrouillard, inventif et ingénieux, tout au long de sa vie il a construit plusieurs bâtiments et il a su fabriquer à peu près n’importe quoi, pas toujours selon les règles de l’art ou selon les règles de la beauté, mais ça fonctionnait et ça perdurait. Il faisait souvent du temporaire permanent. Papa était grandement apprécié de ses petits-enfants qui l’admiraient pour ses vertus de pédagogue, sa patience envers eux, sa capacité de s’affirmer et également pour les histoires qu’il leur racontait, parfois au grand désarroi des parents. Notre père adorait ses petits-enfants, il en était fier tout comme de ses enfants. La maison était souvent bondée : enfants, brus, gendres, petits-enfants et même arrière-petits-enfants, une marmaille volubile souvent avec le piton du volume très élevé, ricaneuse qui aiment jaser et parfois s’obstiner. Papa aimait la bonne nourriture et il était choyé avec notre mère qui était une cuisinière hors pair. Par contre, lorsque maman est tombée malade, fidèle à sa promesse d’aide réciproque il a pris soin d’elle et il a même repris le relais du livre de recettes traditionnelles. Un jour, nous l’avons d’ailleurs surpris avec le tablier en train de sortir ses fameuses tartes aux cerises dont il était très fier, cerises qu’il cultivait lui-même parmi des dizaines de plants ou d’arbres fruitiers de toutes sortes. Si ça l’avait des chances de pousser, il en plantait et il faisait même ses expériences de vin fruité. Il a fait beaucoup de progrès depuis ses premières expériences avec sa canne de « beans » déposée directement sur le rond de la cuisinière. Ces dernières années, même certains de ses petits-enfants l’appelaient pour lui demander des conseils culinaires. Cette force de la nature solide comme le roc nous disait souvent : un homme, ça ne pleure pas ! Avec les années et les épreuves de la vie, son coeur et ses paroles se sont attendris. Personnellement, je l’ai vu pleurer pour la première fois lorsque son frère Lucien est décédé et par la suite pour tous ses proches qui ont suivi. Il y a un dicton qui dit que rien n’est acquis à l’homme et même le roc peut un jour s’écrouler. Comme il aimait si bien le dire : personne n’est éternel. En ce jour du 12 mai 2021 aux petites heures du matin, papa un éternel lève-tôt ne s’est pas réveillé. Avec toutes les connaissances et les valeurs qu’il nous a transmises, il nous laisse un héritage dont il peut être fier et peut ainsi partir la tête haute et le corps bien droit.


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