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Chroniques
 
Les rituels funéraires suscitent-ils plus de peine que de bienfaits ?
Par Josée Jacques, psychologue
le 11 avril 2018


Un rituel est un geste ou un ensemble de gestes que l’on fait pour donner un sens à un événement. Il peut s’agir de lire un texte significatif, de présenter un montage vidéo, d’allumer une bougie au son d’une musique spécifique, etc. Ces gestes sont aussi faits pour apaiser l’intensité des émotions associées à un événement important. Il s’agit donc d’une activité précise qui peut se vivre avec d’autres personnes et qui vise l’expression symbolique d’un message.

Or, des gens attribuent quelquefois une connotation négative aux rituels funéraires. «Cela suscite trop d’émotions. Je sais que cela me fera pleurer», disent-ils. Cette expression émotive, bien qu’elle puisse être douloureuse, fait partie du processus de deuil. Il est vrai que les rituels funéraires permettent souvent aux personnes endeuillées d’entrer davantage en contact avec leurs émotions et de les exprimer. Or, il s’agit aussi d’une façon de voir leur deuil reconnu par leurs proches et de bénéficier de leur soutien. Les rituels et les émotions qui lui sont associées aident à reconnaître la perte, première tâche importante pour la résolution d’un deuil.

En effet, les personnes endeuillées, à des degrés divers, ont de la difficulté à admettre que la mort est survenue et qu’elle est irréversible. Les façons les plus habituelles de contourner cette tâche (la reconnaissance de la perte) sont de refuser de parler du défunt ou de voir le corps, ou encore de se dispenser des rituels funéraires. Pourtant, le fait de revenir sur la réalité de décès permet cette reconnaissance sur le plan intellectuel et affectif.

Ainsi, plusieurs bienfaits sont associés aux rituels funéraires; ils permettent de :

• Confirmer la mort
• D’exprimer ses émotions
• De recevoir un soutien social
• De reconnaitre les différentes pertes associées à la mort d’une personne
• De se rappeler l’unicité et les qualités du défunt
• De donner un caractère sacré et spirituel à la mort
• La tristesse est souvent l’émotion prédominante lors de la mort d’un être cher.
La laisser s’exprimer permet de s’en libérer.
 
 
Selon vos volontés
Par Nicole Pâquet, professionnelle en rituels funéraires
le 4 avril 2018
nicole@gfournier.com



Certains d’entre vous songez à faire part de vos volontés à vos proches et ce, concernant la façon dont vous souhaitez que l’on dispose de votre corps au moment de votre décès. Nous vous suggérons de prendre le temps d’avoir des échanges avec eux à ce propos. Vous pouvez également venir rencontrer un professionnel en rituels funéraires de la Maison commémorative familiale Fournier qui saura vous guider judicieusement et vous respecter selon vos choix et votre budget. Vous pourrez faire l’inscription de vos volontés par le biais d’un contrat préalable de services funéraires ou d’un contrat en testament en rituels funéraires. Au fait, vous êtes-vous déjà demandés ce qui motivait vos choix à ce sujet ?

En y pensant bien, la nature de la volonté est d’abord engendrée par le désir qui se forme dans l'imagination, la mémoire, les expériences partagées avec d’autres personnes ou encore par des croyances sociales. Et lorsque le désir s’installe de manière durable et prend pleine force, il devient «volonté». La volonté s’interprète par des choix volontaires et libres que l’on fait et qui sont souvent déterminés par des causes culturelles, morales ou religieuses dont nous n’avons même pas conscience. Dans ce cas, la volonté n’est peut-être finalement qu’un piège qui dissimule notre soumission à se conformer à des principes sociaux qui guident nos choix à notre insu. En fait, il faudrait se demander si l’on fait des choix pour répondre à une demande de la société, à une demande de nos proches, pour faire comme les autres, ou si l’on fait des choix pour répondre à nos valeurs spirituelles et personnelles tout en se gardant soucieux du bien-être d’autrui. L’important dans tout ça, est d’avoir la capacité de juger et d’anticiper avec conscience, tous les effets et les éventuelles conséquences que nos choix pourraient occasionner dans le temps. Surtout lorsque l’on fait référence à nos volontés, à nos choix qui seront inscrits à nos préarrangements funéraires. Il faut se faire un tant soi peu visionnaire par rapport à la façon dont nos proches pourraient vivre notre départ dépendamment des choix que nous faisons ; surtout que nous n’auront aucunement à en subir les effets nous-mêmes. Il faut donc faire une grande réflexion par rapport à la question. Suite aux potentiels échanges que vous pourrez avoir eu avec vos proches, peut-être serez-vous de ceux qui diront, par exemple:

«Selon mes volontés, je souhaite que l’on apporte des soins à mon corps suite à mon décès pour permettre aux personnes signifiantes dans ma vie de passer un moment avec moi dans toute ma dignité» ;

«Selon mes volontés, je souhaite être exposé(e) pour permettre aux membres de ma famille, à mes amis et aux membres de ma communauté d’amorcer cette période de deuil, de leur donner un temps d'arrêt et la possibilité de se réunir à la Maison commémorative;

«Selon mes volontés, je souhaite qu'il y ait une célébration pour ceux et celles qui désirent marquer par un évènement unique l'importance de ce qu'ils vivent, ressentir la force apaisante du regroupement et la recherche d'un sens à la vie qui continue en assistant à ma cérémonie du cœur»;

«Selon mes volontés, je souhaite que la crémation de mon corps ait lieu après la cérémonie du coeur au crématorium de l'est de la Maison commémorative familiale Fournier et que mes cendres soient mises en terre au cimetière dans le lot familial ou au Columbarium Jardin de la mémoire».

Peu importe quels sont vos choix, tout est mis à votre disposition à la Maison commémorative familiale Fournier afin que vous soyez respectés, selon vos volontés.


INFOS
Saviez-vous qu’une entreprise CERTIFIÉE en services funéraires doit aborder avec le mandataire, les sujets tels que: la préparation du défunt en vue de sa présentation et de sa destination finale ainsi que les points qui sont relatifs au déroulement de la célébration commémorative - Référence document du Bureau de normalisation du Québec (BNQ 9700-699) article 5.2.3.7.
 
 
Le congé de Pâques : une occasion d’échanger
Par Nicole Pâquet, professionnelle en rituels funéraires
le 28 mars 2018
nicole@gfournier.com


Au cours de la prochaine fin de semaine, dans la plupart des familles, il y aura un brunch, un dîner ou un souper de Pâques. Le jambon et les bons plats à l’érable seront sans doute à l’honneur pour régaler les estomacs les plus gourmands. Et pourquoi ne pas profiter de cette occasion pour nourrir également votre cœur et favoriser les échanges avec ceux qui vous entourent.

Pour les membres des familles endeuillées qui vivront cette journée en l’absence de quelqu’un qui fut important pour eux, il y a peut-être beaucoup de peine et d’émotions qui seront aussi au rendez-vous. Pendant ces périodes de festivités, lorsque vos souffrances viennent vous envahir et prendre toute la place, deux possibilités s’offrent à vous.

Le premier scénario possible , vous vous efforcez d’ignorer toutes les émotions qui sont emprisonnées au fond de votre gorge, qui vous étouffent, qui ont tendance à vous rendre impatients, ternes et tristes. Refermé sur vous-même, vous vivez très difficilement ces jours en espérant qu’ils seront vite passés, tout en vous privant ainsi d’un moment précieux de partage avec les membres de votre famille.

La deuxième issue pourrait être des plus enrichissantes et pourrait vous procurer une certaine quiétude une fois vécue. Au moment où vous serez rassemblés, un membre courageux de la famille pourrait prendre la parole, nommer la personne décédée et ouvrir le partage sur les émotions qui vous habitent tous à ce moment précis. Il est probable que ces échanges deviennent à la fois très émouvants et peut-être même déstabilisants, mais combien importants et salutaires dans votre processus personnel de deuil. Ainsi vous pourrez ensuite être plus sereins et capables de prendre part à la fête et de vous amuser un peu, sans doute ce qu’aurait souhaité pour vous, l’être aimé qui vous a quitté.

En conclusion, il faut retenir que l’expression de ces émotions vient mettre des mots sur ce que provoque l’absence de la personne décédée en chacun et chacune de vous, tout en vous apportant une certaine libération.

Celan n’a rien de honteux ... au contraire, cela est tout à fait sain et légitime.

Les professionnels en rituels funéraires (PRF) et les officiers en rituels funéraires (ORF) de la Maison commémorative familiale Fournier s’unissent pour souhaiter personnellement à chacune et chacun un bon congé de Pâques et présument pour vous de doux et bons moments entourés des membres de votre famille.


INFOS
Saviez-vous qu’une entreprise CERTIFIÉE en services funéraires se doit de démontrer qu’elle suit des procédures écrites qui couvrent les exigences relatives à la présentation du défunt ou de l’urne contenant ses cendres. - référence au document du Bureau de normalisation du Québec (BNQ 9700-699) article 5.9.1.
 
 
Étapes du deuil : l'héritage
Par Nicole Pâquet, professionnelle en rituels funéraires
le 21 mars 2018
nicole@gfournier.com

Après avoir détaillé pour vous au cours de ces dernières semaines les étapes du deuil, nous voici rendu à l’ultime et dernière phase de ce «passage obligé» soit l’héritage, cette période permet à l’endeuillé de voir ce qu’il peut retirer de cette grande expérience humaine.

Jour après jour, la souffrance engendrée par la perte de l’être cher s’estompe petit à petit malgré que l’endeuillé continue à ressentir un très grand vide. Le temps est alors propice pour combler ce vide en l’enrichissant de tout ce que cette relation terrestre qui est terminée, a pu apporter.

Il est temps par exemple pour l’endeuillé de faire le bilan des qualités, des valeurs qui l’ont attirées chez la personne décédée; de se rappeler qu’est-ce qu’il a recherché ou aimé dans la relation qu’il a entretenue avec l’être disparu. Cela peut se traduire par : une nouvelle façon d’envisager la vie, un nouveau centre d’intérêt, une certaine douceur, l’amour de la musique ou des arts ou encore une nouvelle manière de prendre soin de soi.

Inévitablement, la personne décédée n’a pas pu vivre auprès de son entourage sans y laisser quelque chose d’elle-même et en contrepartie, la personne endeuillée a investi d’elle-même également dans l’être aimé, parfois même inconsciemment avec certaines attentes.

Afin de ressortir grandi de cette expérience le plus sereinement possible, l’endeuillé peut reprendre possession au plan spirituel de tout ce qu’il a investi dans l’être aimé au cours de la relation. L’endeuillé doit reconnaître également la richesse intérieure acquise auprès de la personne décédée et ce, en la remerciant pour tous les projets réalisés ensemble, pour toute l’affection manifestée, pour tous les cadeaux reçus sans souvent en avoir été conscient, pour les attentions de tous les jours, pour lui avoir transmis ses connaissances et la maîtrise de les utiliser.

L’endeuillé peut enfin se féliciter d’avoir persévéré dans la résolution de son deuil, se féliciter également de s’être découvert une nouvelle force intérieure, pour avoir acquis une nouvelle sensibilité et pour avoir fait de sa souffrance une indéfinissable source de maturité. C’est après ce long processus que la vie peut reprendre son plein essor et suivre son cours.

Quant aux êtres disparus, ils ne sont jamais oubliés tant qu’ils vivent au plus profond du coeur de ceux et celles qui sont nourris de leurs plus beaux souvenirs.

Les professionnels en rituels funéraires (PRF) et les officiers en rituels funéraires (ORF) de la Maison commémorative familiale Fournier, des gens qui sont sensibles à votre peine et qui sont là quotidiennement près de vous, qui sont là pour vous.

Source : Documentation inspirée par le travail et les écrits de Jean Monbourquette
 
 
Étapes du deuil : l'échange des pardons
Par Nicole Pâquet, professionnelle en rituels funéraires
le 14 mars 2018
nicole@gfournier.com

Choisissant à travers ces chroniques de mettre des mots sur les diverses étapes du deuil, nous demeurons conscients que cela vient faire revivre pour certains d’entre vous, un éventail incroyable d’émotions.

Concernant l’explication des dernières semaines du cheminement du deuil vers la guérison, nous avons rencontré au cours des dernières semaines une personne qui nous confiait ceci et avec sa permission, nous la citons : «C’est réconfortant de savoir que ce qui m’arrive est normal et reconnu et c’est en même temps dérangeant parce que je constate que j’ai encore à vivre probablement bien des étapes avant d’être guérie du départ de celui que j’aimais tant. J’apprends tranquillement à vivre autrement…». Tel que mentionné au cours de l’une des dernières chroniques, chaque être humain est unique, et chacun découvre à son propre rythme le nouveau sens de sa vie pendant et à la suite d’un deuil. Laissez libre cours au temps, il est votre meilleur et votre plus grand allié.

Pour poursuivre à travers l’évolution des étapes du deuil, l’échange des pardons fera l’objet de cette présente chronique. C’est une phase où l’être humain élimine les résidus de colère, de culpabilité ou d’animosité encore ressentis envers l’être disparu. La personne endeuillée s’engage dans un rituel de pardon.

Pardonner, cela ne veut pas dire oublier, ce n’est pas non plus de nier ce qui a été; cela signifie surtout libérer l’être disparu en lui pardonnant d’être parti trop tôt ou sans prévenir, d’être parti sans avoir pris le temps de dire adieu à qui que ce soit, d’être parti sans avoir dit un dernier «je t’aime», d’être parti sans avoir accompli toutes ses promesses, d’être parti avec une portion de votre vie ou encore, d’être parti avec vos rêves d’avenir.

De plus, l’endeuillé doit-il apprendre à se libérer en se pardonnant à lui-même de se sentir fragile et vulnérable, d’être en souffrance, d’avoir peur ou de se sentir frustré par cette nouvelle vie qui va débuter, de faire des rêves qui semblent impossibles ou encore de vouloir aimer à nouveau.

En faisant ce rituel, l’endeuillé se soulage de sa culpabilité qui est malsaine pour lui-même et se donne l’opportunité de retrouver ainsi la paix du coeur. Pour y arriver, l’endeuillé doit aller régulièrement puiser dans les richesses de son intérieur et pour certains cela peut se traduire par des périodes de prières, de méditation ou de détente par la relaxation.

Laissez monter en vous ses émotions afin qu’elles puissent s’évanouir d’elles-mêmes pour laisser place à des jours meilleurs.

Les professionnels en rituels funéraires (PRF) et les officiers en rituels funéraires (ORF) de la Maison commémorative familiale Fournier demeurent sensibles aux gens de la communauté qui ont à vivre la douloureuse expérience humaine qu’est le décès d’un proche. Ils vous prêtent à chaque jour une écoute de qualité avant, pendant et après les rituels funéraires.

Source : Documentation inspirée par le travail et les écrits de Jean Monbourquette
 
 
Étapes du deuil : la découverte d'un sens à sa vie
Par Nicole Pâquet, professionnelle en rituels funéraires
le 7 mars 2018
nicole@gfournier.com

Au cours des semaines précédentes, nous avons décortiqué ensemble les premières phases du deuil jusqu’à l’accomplissement des tâches qui y sont reliées. Nous aborderons cette semaine le sujet délicat du sens de la découverte de la vie après le décès d’un être cher. C’est une étape où l’être humain ne réussit pas toujours à trouver une raison de vivre, surtout dans les premières semaines qui suivent le décès.

C’est une période très intense au plan spirituel. C’est là que l’endeuillé découvre parfois bien malgré lui, de nouvelles ressources en lui-même et apprend à faire davantage connaissance avec lui-même. C’est une étape du deuil qui apporte avec le temps, un immense gain de maturité.

L’endeuillé se trouve face à une question posée par l’existence dans cette phase du deuil, et la seule façon de pouvoir y répondre est de prendre sa propre vie en main, sans l’autre. L’être humain est intensément à la recherche d’un nouveau sens à donner à sa vie, mais étant fragilisé par la peine qui l’habite, l’endeuillé vit cette étape comme un vide existentiel. Aussi paradoxal que cela puisse sembler à priori, l’endeuillé devra chercher parfois son but à l’extérieur de lui-même, plutôt qu’en lui. Pour chaque personne qui a, à traverser ce «passage obligé», l’existence prend de façon unique un sens différent. Trois façons différentes pour l’endeuillé d’y parvenir, ont pu être répertoriées :

• En faisant dans le quotidien une bonne action, en participant à une œuvre, ce qui fait référence au sens de l’accomplissement. Cette façon procure à l’être humain un bien–être et un sentiment de satisfaction qui ouvre de nouveaux horizons;

• En faisant l’expérience de quelque chose de nouveau, comme par exemple : de la bonté, de la beauté en prenant contact avec la nature ou avec une certaine culture ou encore mieux, de connaître le caractère unique d’un autre être humain;

• Et finalement, en assumant pleinement l’inévitable souffrance. Il est possible de trouver un sens à l’existence, même dans une situation désespérée en constatant sereinement que l’on ne peut changer son destin.

C’est une étape où la perception des choses prend tout son sens. L’endeuillé peut choisir de voir avec tristesse le calendrier de ses jours s’amincir à mesure qu’il enlève les feuilles, en n’envisageant que le vide devant lui. Il peut aussi en contrepartie, afficher son nouveau calendrier et aborder le vide qui l’habite, en rangeant soigneusement toutes les anciennes feuilles de son calendrier en ayant pris soin d’écrire quelques mots à l’endos de chacune. Il pourra alors se pencher avec tendresse sur toute la richesse contenue dans ses notes, sur tous les moments d’une vie qu’il a partagés avec l’être aimé et d’en conserver ainsi de précieux souvenirs.

Au moment où se vit le «passage obligé», comme le dit l’auteur Bernard Moitessier : «C’est le destin qui bat les cartes, mais c’est nous qui les joueons».

Les professionnels en rituels funéraires (PRF) et les officiers en rituels funéraires (ORF) de la Maison commémorative familiale Fournier, des gens près de vous, qui sont là pour vous.

Source : Documentation inspirée par le travail et les écrits de Jean Monbourquette
 
 
Étapes du deuil : l'accomplissement des tâches subséquentes au deuil
Par Nicole Pâquet, professionnelle en rituels funéraires
le 28 février 2018
nicole@gfournier.com

Au cours des derniers jours, plusieurs d’entre vous ont apporté leurs commentaires concernant l’exploration des étapes du deuil qui a fait l’objet des chroniques des dernières semaines. Vous êtes nombreux à exprimer le bien qu’elles vous apportent, témoignant que ces chroniques viennent appuyer le ressenti de vos propres expériences. Nous tentons par cet exercice de vous témoigner notre empathie en vulgarisant pour vous ce qui se passe lorsque la vie oblige chacun et chacune d’entre nous, à emprunter ce chemin qu’est le deuil, ce «passage obligé».

Au cours des dernières semaines, nous avons déjà exploré ensemble les premières phases du deuil qui sont : le choc, le déni, l’expression des émotions et des sentiments. Cette présente chronique abordera l’accomplissement des tâches reliées au deuil.

Cette étape survient dans le temps, lors de la préparation des rituels funéraires ou après les jours qui y font suite. C’est le moment où l’endeuillé devra voir à l’application des volontés du défunt où il se donnera le mandat d’accomplir les rites liés à sa culture et sa religion. C’est également à cette étape que l’endeuillé se retrouvera parfois avec le fardeau de remplir les promesses qui ont pu être faites au défunt avant son grand départ. Au plan physique, c’est l’étape du grand détachement de la relation avec le corps de l’être aimé. Le moment aussi où l’endeuillé passera en revue l’ensemble des effets qui ont appartenus à la personne disparue et devra s’en défaire pour un bon nombre d’entre eux. Ce sera aussi le moment où seront contemplées les photos de l’être aimé avant de les ranger dans des albums. C’est l’étape où le vide se fait grand, le détachement s’impose, le dialogue n’est plus, c’est la pleine réalisation que le lien terrestre est rompu…

Dans ce processus de guérison, l’endeuillé se sent seul devant son miroir, il ressent parfois comme une soif de compléter des échanges qui n’ont pu être terminés avec l’être aimé qui n’est plus. C’est la phase pour l’endeuillé où l’écriture peut devenir une bouée alors qu’il pourra compléter les dialogues inachevés par le biais de l’écriture d’une lettre adressée au défunt. L’écriture permet d’extérioriser la peine ressentie pour laisser la place à la sérénité et à l’acceptation. Elle permet à l’endeuillé de se libérer sans aucune crainte d’être jugé par qui que ce soit, n’ayant comme témoin que son stylo et sa feuille de papier.

Au cours de cette phase du deuil, l’endeuillé doit se donner le droit de prendre le temps, de respecter son rythme tout en demeurant conscient qu’il ne pourra escamoter les tâches qui s’imposent dans la traversée de cette période.

Dans toutes les étapes de votre deuil incluant celle-ci, tous les officiers en rituels funéraires (ORF) et professionnels en rituels funéraires )PRF) de la Maison commémorative familiale Fournier sont là près de vous, au moment où vous en avez tant besoin, vous apportant leur empathie et leur écoute.

Source : Documentation inspirée par le travail et les écrits de Jean Monbourquette
 
 
Étapes du deuil : l'expression des émotions et des sentiments
Par Nicole Pâquet, professionnelle en rituels funéraires
le 21 février 2018
nicole@gfournier.com

Je poursuis avec vous cette semaine l’exploration des étapes du deuil. Ces informations ne vous sont données qu’à titre indicatif seulement. Ce sont simplement des points de repère qui marquent les étapes du cheminement de l’endeuillé vers la guérison. Le détail de ces étapes vous est fourni en respectant l’ordre chronologique des phases du deuil qui ont été le plus fréquemment observées au fil des ans. Il ne faudrait pas prendre ces repères, en essayant de les coller au dos d’une personne comme une étiquette, parce que chaque personne est unique et vit une histoire unique également.

Faisant suite aux 2 premières phases qui sont le choc de la nouvelle et le déni, vient l’étape des effets ressentis au moment où le corps doit absorber la pleine conscience de la perte de la personne décédée.

Au cours de cette phase, une multitude d’émotions habitent l’endeuillé. Le corps est sur le point de céder à toutes ses résistances qu’il s’était imposées depuis l’annonce du décès de l’être aimé; tout comme un barrage qui s’apprête à se rompre. Et lorsque ce cap est traversé, le corps réalise la perte de cette personne. L’endeuillé se voit confronté à l’impossibilité d’un retour de la personne disparue; cette douleur est grande et parfois insoutenable. Il se voit submergé par le flot des émotions qui en alternance, arrive et se retire tout comme le mouvement des vagues du fleuve sur la grève. Un ensemble d’émotions se manifestent telles : l’anxiété, la peur, l’impuissance, la tristesse, la colère, la culpabilité, le sentiment de libération, les lamentations de la pleine conscience de la perte, appelées «la grande braille» par M. Jean Monbourquette.

Pour les décrire brièvement, l’anxiété c’est au moment où la personne se voit perdre la maîtrise sur l’existence de l’être aimé et sur sa propre vie. La peur s’installe et lui confirme qu’il sera séparé à tout jamais de la personne décédée. La tristesse est la souffrance propre du deuil, la douleur du coeur, c’est l’étape où pour l’endeuillé, plus rien n’a d’importance; pleurer et parler de sa peine permet de vivre pleinement le chagrin. Il est important de ne pas éviter cette phase. C’est parfois à cette étape qu’apparaissent les symptômes tels que le manque d’appétit et de concentration, une grande fatigue et de l’insomnie. La colère est un sentiment humain, il révèle une forme de protestation devant le vide, l’absence de l’être aimé. Il est possible que la personne en deuil tente de trouver un coupable de la mort de l’être aimé. La culpabilité est un sentiment que l’on retrouve souvent chez le jeune enfant, qui se sent responsable de la mort. Chez l’adulte ce sentiment pourra apparaître lorsqu’il retourne la colère contre lui-même. Il est nécessaire de pouvoir exprimer le sentiment de libération sans culpabilité. Pensons entre autres à ce parent que l’on aimait profondément et qui est maintenant soulagé de ses souffrances par la mort. La pleine conscience de la perte et l’acceptation se présente au moment où l’endeuillé cesse de nier et réalise totalement l’étendue de sa perte. Cette étape marque la fin de l’attachement terrestre, c’est un moment de grande douleur communément appelé «la grande braille», qui laissera place par la suite à un sentiment de paix intérieure et un début de cicatrisation de la blessure. L’endeuillé pourra alors parler de sa perte sans être submergé par toutes ses émotions.

Si vous êtes à vivre ces états d’âme; soyez indulgent envers vous-même, car chacune de vos émotions est correcte, valable et surtout humaine. Donnez-vous également le droit d’exprimer chacune des émotions ressenties. Elles viennent confirmer que le deuil n’est pas l’oubli de la personne disparue, mais une nouvelle façon de se relier à elle.

Source : Documentation inspirée par le travail et les écrits de Jean Monbourquette
 
 
Étapes du deuil : le déni
Par Nicole Pâquet, professionnelle en rituels funéraires
le 14 février 2018
nicole@gfournier.com


Dans cette présente chronique, j’aborderai avec vous la suite du cheminement intérieur lié aux diverses phases du deuil, dont la deuxième étape qui est: le déni.

Le déni, c’est en soi le refus de reconnaître ce qui vient de se produire, de croire l’information qui vient d’être livrée, de refuser la réalité du décès. «Ce n'est pas vrai», « Ce n’est pas possible », «Je vais me réveiller pour me rendre compte que tout ça n’est qu’un mauvais rêve». Ce refus de la réalité est un mécanisme de défense qui nous permet de tenir le coup. C’est un réflexe humain qui sert à protéger l’endeuillé d’une trop grande émotion, car reconnaître et accepter la fatalité de la mort d'un être aimé est un choc trop grand.

Sous la violence des émotions, c’est aussi l’étape où l’être humain recherche parfois un coupable ou un responsable de ce qui arrive. C’est au cours de cette étape du deuil que peuvent également apparaître des problèmes psychosomatiques. Pendant ces périodes de profonds chagrins, l’être humain cherche parfois une bouée pour survivre d’où l’utilisation de médicaments, de l’alcool et des drogues. Ces méthodes malheureusement ne font que retarder le processus de guérison.

Le déni demeure une réaction normale tant qu’elle ne dure pas. Certaines personnes s’enferment dans un état de négation comme pour s’en faire un refuge. C’est alors que ceux-ci préserveront intacte la chambre de la personne disparue et ce, pendant des mois, voire même des années; ils continueront jour après jour, de mettre un couvert à table, pour l’être qui n’est plus… Dans ces cas, le processus du deuil est comme en veilleuse, et cet état ne peut que devenir néfaste à long terme.

Il est possible aussi que pendant plusieurs jours, certaines personnes ne verseront aucune larme. Il est important de ne pas confondre, le déni avec le sentiment de désaffection. La douleur de la peine est tout simplement comme en suspend quelque part dans le corps, tout comme si elle était dans une coquille; moyen que le corps utilise pour se protéger de son intrusion.

Le déni peut aussi pousser certaines personnes à oublier l’événement malheureux en évitant tout contact avec ce qui peut leur rappeler la perte de l’être aimé tels que : l’hôpital, le cimetière, le salon funéraire, etc. Être confronté à la réalité de la mort, au corps de la personne décédée, peut être important pour passer ce cap. Voir le corps de l’être aimé sans vie, peut permettre de libérer cette douleur enfouie pour ainsi traverser cette étape du deuil. De même que l’exposition, la célébration commémorative, l’inhumation, la présence de la famille, des amis et de toute une communauté, toute cette démarche participe à ce que la personne se sente en deuil. Il n’est pas sain de prétendre se faire du bien en escamotant cette étape.

Quand tout semble s’écrouler autour de nous, les rituels funéraires contribuent à nous faire retrouver une certaine stabilité, il devient donc primordial pour notre plus grand bien, de les inclure dans notre processus de guérison.

Source : Documentation inspirée par le travail et les écrits de Jean Monbourquette
 
 
Étapes du deuil: le choc
Par Nicole Pâquet, professionnelle en rituels funéraires
le 7 février 2018
nicole@gfournier.com

Tout porte à croire que la mort effraie comme jamais elle ne l’a fait dans le passé; parce qu'elle n'est plus suffisamment enseignée, et pourtant… Le deuil débute dès que la vie bascule dans l’état de l’obscur, dans la finalité de l’être au sens humain, au sens de la vie. Le deuil s’installe dès l’annonce de la mort de la personne aimée, il prend toute la place dès ce moment et pour tous les mois qui vont suivre, tout en serrant le coeur. C'est l'une des pires épreuves de l'existence. Avec le temps, le deuil se retirera subtilement pour redonner à nouveau place à la vie.

Le deuil est un long processus au cours duquel l’être humain traverse un «passage obligé», il se doit d’effectuer un travail sur lui-même pour apprivoiser et vivre le départ de l'être aimé. C’est au cours de cette période que pourra se cicatriser la blessure du cœur. Ce processus comprend plusieurs étapes, dont le choc, le déni, l’expression des émotions et des sentiments, l’accomplissement des tâches subséquentes au deuil, la découverte d’un sens à la vie, l’échange des pardons et enfin l’héritage, là où la lumière revient éclairer la vie.

Dans cette présente chronique ainsi que celles qui viendront au cours des prochaines semaines, j’aborderai avec vous le cheminement intérieur lié au deuil en commençant par la première soit : Le choc.

C’est la première phase du deuil; elle est également la plus courte mais combien intense. C’est l’annonce d’une fin, c’est la paralysie de nos émotions, de nos facultés et de nos perceptions, ce qui explique qu’une telle nouvelle puisse laisser en apparence la personne sans émotion. Le terme de «sidération» peut aussi tout à fait convenir pour décrire la réaction de la personne face à l’information qui vient de lui être transmise. L'annonce du décès équivaut à un coup de masse sur la tête et ce, même lorsque la mort se présente suite à une maladie grave. Souvent comme sous l’effet d’une commotion, la personne agit de manière mécanique. Au plan physique, c’est comme si le corps subissait une forme d’anesthésie pour permettre d’absorber l’annonce de cette nouvelle. Il peut subvenir également un état de sommeil profond dans lequel les fonctions de la vie semblent suspendues, tout comme si le corps se retrouvait dans un état d’engourdissement complet. Chez d’autres personnes, tout au contraire, l’annonce du deuil peut engendrer de l’agitation et même provoquer des hallucinations.

Peu importe comment votre corps réagit face à l’annonce du décès d’un proche ou d’un ami, tous ces états d’être sont des réactions de résistance que s’imposent le corps; ils sont le signe que votre corps tente de se protéger.

Le moment du choc est une période de changement très profond. Il donne aux endeuillés le temps de digérer la dure réalité et de se ressaisir en puisant en eux les ressources nécessaires pour gérer la situation de perte de l’être cher. Malgré les années qui passeront, les détails de ce moment si douloureux demeureront toujours présents dans les souvenirs, comme par exemple : l’heure de la journée, la musique que l’on écoutait, les mots exacts qui nous ont appris la nouvelle du deuil... Tout cela restera à jamais gravé par l’émotion extrême qui nous a habités, à cet instant très précis.

Source : Documentation inspirée par le travail et les écrits de Jean Monbourquette



 




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